Maupassant and Flaubert

”Both were Normans constantly balancing a need for society against a profounder need to be alone; both – in youth at least (and despite Flaubert’s rebuke) – enjoyed taking their pleasures; both valued their privacy, and were profoundly suspicious of marriage and emotional entanglement; both were pessimistic and melancholic, oppressed by human stupidity and easily moved to disgust at the whole business of living.”

Annonser

Guy de Maupassant – Notre Coeur. Ch 3

“Soudain un frisson parcourut la chanteuse ; elle entr’ouvrit la bouche, et il en sortit une plainte d’angoisse interminable et déchirante. Ce n’était point une de ces clameurs de désespoir tragique que les chanteurs exhalent sur la scène avec des gestes dramatiques, ce n’était pas non plus un de ces beaux gémissements d’amour trompé qui font éclater une salle en bravos, mais un inexprimable cri, sorti de la chair et non de l’âme, poussé comme un hurlement de bête écrasée, le cri de l’animal féminin trahi. Puis elle se tut ; et Massival recommença, vibrante, plus animée, plus tourmentée, l’histoire de cette misérable reine qu’un homme aimé avait abandonnée.
Alors, de nouveau, la voix de la femme s’éleva. Elle parlait maintenant, elle disait l’intolérable torture de la solitude, l’inapaisable soif des caresses enfuies et le supplice de savoir qu’il est parti pour toujours.
Sa voix chaude et vibrante faisait tressaillir les cœurs. Elle semblait souffrir tout ce qu’elle disait, aimer ou du moins être capable d’aimer d’une ardeur furieuse, cette sombre Italienne avec sa chevelure de ténèbres. Quand elle se tut, elle avait les yeux pleins de larmes, et elle les essuya lentement. Lamarthe, penché vers Mariolle, et tout frémissant d’exaltation artiste, lui dit :
– Dieu ! qu’elle est belle en ce moment, mon cher : c’est une femme, la seule qui soit ici.”

Excerpt From: Guy de Maupassant. “Notre Coeur.”

Guy de Maupassant. “Notre Coeur.” Ch V

“Quand son valet de chambre apportait son courrier, il cherchait d’un coup d’œil l’écriture désirée sur une enveloppe, et, lorsqu’il l’avait reconnue, une involontaire émotion surgissait en lui, suivie par un battement de cœur. Il avançait la main et prenait le papier. De nouveau il regardait l’adresse, puis déchirait. Qu’allait-elle lui dire ? le mot « aimer » y serait-il ? Jamais elle ne l’avait écrit, jamais elle ne l’avait prononcé sans le faire suivre du mot « bien ». – « Je vous aime bien. » – « Je vous aime beaucoup. » – « Est-ce que je ne vous aime pas ? » Il les connaissait, ces formules qui ne disent rien par ce qu’elles ajoutent. Peut-il exister des proportions quand on subit l’amour ? Peut-on juger si on aime bien ou mal ? Aimer beaucoup, comme c’est aimer peu ! On aime, rien de plus, rien de moins. On ne peut pas compléter cela. On ne peut rien imaginer, on ne peut rien dire au delà de ce mot. Il est court, il est tout. Il devient le corps, l’âme, la vie, l’être entier. On le sent comme la chaleur du sang, on le respire comme l’air, on le porte en soi comme la Pensée, car il se fait l’unique Pensée. Rien n’existe plus que lui. Ce n’est pas un mot, c’est un inexprimable état, figuré par quelques lettres. Quoi qu’on fasse, on ne fait rien, on ne voit rien, on n’éprouve rien, on ne goûte rien, on ne souffre de rien comme avant. Mariolle était devenu la proie de ce petit verbe ; et son œil courait sur les lignes, y cherchant la révélation d’une tendresse pareille à la sienne. Il y trouvait en effet de quoi se dire : « Elle m’aime bien », jamais de quoi s’écrier : « Elle m’aime ! » Elle continuait dans sa correspondance le joli et poétique roman commencé au Mont Saint-Michel. C’était de la littérature d’amour, pas de l’amour.

Quand il avait fini de lire et de relire, il enfermait dans un tiroir ces papiers chéris et désespérants, et il s’asseyait dans son fauteuil. Il y avait déjà passé des heures bien dures.”
Excerpt From: Guy de Maupassant. “Notre Coeur.” Feedbooks, 1890.

Albert Camus, Carnets III (1951-1959)

”J’ai voulu vivre pendant des années selon la morale de tous. Je me suis forcé à vivre comme tout le monde, à ressembler à tout le monde. J’ai dit ce qu’il fallait pour réunir, même quand je me sentais séparé. Et au bout de tout cela ce fut la catastrophe. Maintenant j’erre parmi des débris, je suis sans loi, écartelé, seul et acceptant de l’être, résigné à ma singularité et à mes infirmités. Et je dois reconstruire une vérité – après avoir vécu toute ma vie dans une sorte de mensonge.”
—- Albert Camus, Carnets III (1951-1959)

Khanlari: Eagle – Bio and Farsi version

Parviz Natel Khanlari was born in Tehran in 1914. He was the son of a government official from the Natel Nur region of Mazandaran. Khanlari graduated from the University of Tehran with a doctorate degree in Persian literature and, for a time thereafter, he taught in the schools of Gilan and later at the University of Tehran. In 1949, while keeping his position at Tehran University, he attended Paris University and studied linguistics. He also traveled to Tajikistan (1956) and India (1978). Khanlari’s contributions fall into several categories.
First and foremost, he held some of the highest positions in the Iranian government in the 1960’s through the late 1970’s. Early in his career, he was the Governor of Azerbaijan Province. Later on, he served first as the Deputy Prime Minister and later as the Minister of Education of Iran. He served as the representative of Mazandaran in four sessions of the Iranian Parliament. He was also the Director of the Shahname Foundation and of the Iranian Cultural Foundation. His efforts were instrumental in the establishment and operation of the Iran Academy of Arts and Literature of Iran, the Franklin Institute, and other similar institutions. Khanlari’s early works consisted of both prose and poetry. His first contribution appeared in Iqdam in 1931. This was followed by research in major studies in Persian poetics, linguistics, and the history of Iran both before and after the Islamic invasion. In 1932, he translated Dukhtari Sarvan from French. Like his study of poetics and linguistics, this too led to a series of wonderful and needed translations of European works into Persian. These include translations from the works of Pushkin, Rilke, Arthur A. Pope, and others. 
Probably the most unique and lasting contribution of Khanlari is his editorship of 
Sukhan, monthly to which many major figures of Iranian culture and literature of his time contributed. His editorship, which lasted, with some interruption, for some 35 years (1944-1979) has  provided the scholars in Iranian studies a most useful tool for the study of aspects of the Iranian scene. The publication of the monthly came to an end in 1979.  Natel Khanlari is distinguished for the simplicity of his style. He did not follow the traditionalists nor did he advocate the new. Indeed, his approach accommodated the entire spectrum of creativity and expression in Persian literature. His Oqob (eagle), reproduced below with a translation by this author, is an example of his achievements in this vein. After the 1979 Islamic Revolution, Khanlari was identified with the Pahlavi regime. Labeled a  plunderer of Iran’s wealth and an accomplice of Satan, he was imprisoned for four months. Sick and poor, he died in the same year that he was released from prison, 1991. He was 77 years old. 

Aqab – Pushkin – Khanlari poem farsi

Walter Benjamin –

Staden är realiserandet av mänsklighetens gamla dröm om labyrinten. Flanören utforskar utan att veta om det denna realitet.

Flanören intimt förknippad med Charles Baudelaires poesi fascinerar Benjamin och intar en central plats i passage arbetet. Flanören är en rotlös människa som älskar att villa bort sig på gatorna och låta sig ledas av tillfälligheter och söka efter hemliga platser. Genom detta förtroliga umgänge med tingen får han ett särskilt intimt förhållande till den moderna miljön, så här beskriver Benjamin honom.

Men de stora reminiscenser, den historiska frossbrytningen, de är småsaker som han flanören överlåter åt den resande som tror sig kunna angripa platsens skyddsande med ett militäriskt lösenord. Vår vän får tiga när hans steg närmar sig har platsen redan blivit livlig, stumt, själlöst, ger dess blotta närhet honom tecken och anvisningar. Han står framför Notre Dame de Lorette och hans skosulor minns, här är platsen där man tidigare spände extra hästen, le cheval de reinforce, framför omnibussen som färdades upp för Rue de Martyr mot Montmartre. Fortfarande skulle han ofta vilja ge hela sitt vetande för Balzacs eller Gavarni hemvist, för platsen där ett överfall ägt rum eller en barrikad rests, för vittringen av en tröskel eller känselmedvetandet av en stenplatta, såsom första bästa sällskapshund bär de med sig.

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