Hesse – If the War Goes On

You might well discover that a third or a half of your pain and then some originates in your own selves, and that it might be a good idea to take cold baths or drink less wine or undertake some other sort of cure, instead of probing and doctoring the fatherland. That, I believe, is quite possible— and wouldn’t it be a fine thing? Mightn’t something be done about it? Wouldn’t there be hope for the future? A hope of transforming pain into profit and poison into destiny? It strikes you as mean and selfish to forget the fatherland and heal yourselves. But perhaps, my friends, you are not as right as you suppose! Wouldn’t you say that a fatherland upon which every sick citizen does not project his own ailments, which hundreds of patients do not try to doctor, might be healthier and more likely to thrive?

Hesse, Hermann. If the War Goes On (Kindle Locations 1104-1110). Farrar, Straus and Giroux. Kindle Edition.

Annonser

Mishima – Icarus

Do I, then, belong to the heavens?
Why, if not so, should the heavens
Fix me thus with their ceaseless blue stare,
Luring me on, and my mind, higher
Ever higher, up into the sky,
Drawing me ceaselessly up
To heights far, far above the human?
Why, when balance has been strictly studied
And flight calculated with the best of reason
Till no aberrant element should, by rights, remain-
Why, still, should the lust for ascension
Seem, in itself, so close to madness?
Nothing is that can satify me;
Earthly novelty is too soon dulled;
I am drawn higher and higher, more unstable,
Closer and closer to the sun’s effulgence.
Why do these rays of reason destroy me?
Villages below and meandering streams
Grow tolerable as our distance grows.
Why do they plead, approve, lure me
With promise that I may love the human
If only it is seen, thus, from afar-
Although the goal could never have been love,
Nor, had it been, could I ever have
Belonged to the heavens?
I have not envied the bird its freedom
Nor have I longed for the ease of Nature,
Driven by naught save this strange yearning
For the higher, and the closer, to plunge myself
Into the deep sky’s blue, so contrary
To all organic joys, so far
From pleasures of superiority
But higher, and higher,
Dazzled, perhaps, by the dizzy incandescence
Of waxen wings. Fortsätt läsa ”Mishima – Icarus”

Guy de Maupassant. “Notre Coeur.” Ch 3, P1

“Quelques jours passèrent sans amener rien entre eux ; mais, lorsque fut calmé l’apaisement qui suit les crises, il sentit regrandir et le brûler son désir d’elle. Il avait pris la résolution de ne plus jamais lui parler de rien, mais il n’avait point promis de ne pas écrire ; et, un soir, comme il ne pouvait dormir, comme elle le possédait dans la veille agitée de l’insomnie d’amour, il s’assit, presque malgré lui, devant sa table et se mit à exprimer sur du papier blanc ce qu’il sentait. Ce n’était point une lettre, c’étaient des notes, des phrases, des pensées, des frissons de souffrance qui se changeaient en mots.
Cela l’apaisa ; il lui semblait qu’il se soulageait d’un peu de son angoisse, et, s’étant couché, il put dormir enfin.”

Excerpt From: Guy de Maupassant. “Notre Coeur.”

Guy de Maupassant. “Notre Coeur.”. Ch 3, P 1

“Possédé, il en était sûr, et ne cherchait plus à se délivrer d’elle ; alors, ne pouvant fuir cette fatalité, il se résolut à être rusé, patient, tenace, dissimulé, à la conquérir par l’adresse, par l’hommage dont elle était avide, par l’adoration qui la grisait, par la servitude volontaire à laquelle il se laisserait réduire.”

Sa lettre avait plu. Il écrirait. Il écrivit. Presque chaque nuit, en rentrant, à l’heure où l’esprit, animé par toutes les agitations du jour, regarde ce qui l’intéresse ou l’émeut dans une sorte de grossissement d’hallucination, il s’asseyait à sa table, sous sa lampe, et s’exaltait en pensant à elle. Le germe poétique que laissent mourir en eux, par paresse, tant d’hommes indolents grandit dans cet entraînement. À force d’écrire les mêmes choses, la même chose, son amour, sous des formes que renouvelait le renouveau quotidien de son désir, il enfiévra son ardeur dans cette besogne de tendresse littéraire. Il cherchait tout le long des jours, et trouvait pour elle des expressions irrésistibles que l’émotion surexcitée fait jaillir du cerveau comme des étincelles. Il soufflait ainsi sur le feu de son propre cœur et l’allumait en incendie, car les lettres d’amour vraiment passionnées sont souvent plus dangereuses pour celui qui les écrit que pour celle qui les reçoit.”

Excerpt From: Guy de Maupassant. “Notre Coeur.”.

Guy de Maupassant. “Notre Coeur.” Ch 7, P 2

“Lorsqu’on fut revenu dans le salon, Lamarthe, qui n’avait pas obtenu du sculpteur tout ce qu’il en attendait, l’attira près d’une vitrine pour lui montrer un objet inestimable, un encrier d’argent, pièce cotée, classée, historique, ciselée par Benvenuto Cellini.

Ce fut une espèce d’ivresse qui s’empara du sculpteur. Il contemplait cela comme on regarde le visage d’une maîtresse, et, saisi d’attendrissement, il énonça, sur l’œuvre de Cellini, des idées gracieuses et fines comme l’art du divin ciseleur ; puis, sentant qu’on l’écoutait, il se livra tout entier, et, assis sur un grand fauteuil, tenant et regardant sans cesse le bijou qu’on venait de lui présenter, il raconta ses impressions sur toutes les merveilles d’art connues par lui, mit à nu sa sensibilité, et rendit visible l’étrange griserie que la grâce des formes faisait entrer par ses yeux dans son âme. Pendant dix ans il avait parcouru le monde en ne regardant que du marbre, de la pierre, du bronze et du bois sculptés par des mains géniales, ou bien de l’or, de l’argent, de l’ivoire et du cuivre, vagues matières métamorphosées en chefs-d’œuvre sous les doigts de fées des ciseleurs.”

Excerpt From: Guy de Maupassant. “Notre Coeur.”

Guy de Maupassant. “Notre Coeur.”  Ch 7, P 2

“Puis il but un verre de vin et se redressa, l’air plus à l’aise, s’acclimatant.
De temps en temps, il essayait de se retourner, car il apercevait, reflété dans une glace, un groupe tout moderne placé derrière lui, sur la cheminée. Il ne le connaissait pas et cherchait à deviner l’auteur.
À la fin, n’y tenant plus, il demanda :
– C’est de Falguières, n’est-ce pas ?
Mme de Burne se mit à rire.
– Oui, c’est de Falguières. Comment avez-vous reconnu cela dans une glace ?
Il sourit à son tour.
– Ah ! madame, je reconnais n’importe comment, d’un seul coup d’œil la sculpture des gens qui font aussi de la peinture, et la peinture des gens qui font aussi de la sculpture. Ça ne ressemble pas du tout à l’œuvre d’un homme qui pratique exclusivement un seul art.
Lamarthe, voulant faire briller son ami, demanda des explications, et Prédolé s’y prêta.
Il définit, raconta et caractérisa la peinture des sculpteurs et la sculpture des peintres d’une façon si claire, originale et neuve, avec sa parole lente et précise, que les regards l’écoutaient autant que les oreilles. Faisant reculer sa démonstration à travers l’histoire de l’art, et cueillant des exemples d’époque en époque, il remonta jusqu’aux premiers maîtres italiens, peintres et sculpteurs en même temps, Nicolas et Jean de Pise, Donatello, Lorenzo Ghiberti. Il indiqua des opinions curieuses de Diderot sur le même sujet, et, pour conclure, cita les portes du Baptistère de Saint-Jean de Florence, par Ghiberti, bas-reliefs si vivants et dramatiques qu’ils ont plutôt l’air de toiles peintes.”

Excerpt From: Guy de Maupassant. “Notre Coeur.”

 

Maupassant and Flaubert

”Both were Normans constantly balancing a need for society against a profounder need to be alone; both – in youth at least (and despite Flaubert’s rebuke) – enjoyed taking their pleasures; both valued their privacy, and were profoundly suspicious of marriage and emotional entanglement; both were pessimistic and melancholic, oppressed by human stupidity and easily moved to disgust at the whole business of living.”